QU'ALLONS-NOUS DEVENIR ? DÉBAT PUBLIC DES 2E UNIVERSITÉS DEFISMED

Publié le mer, 24/04/2019 - 10:04 , par Eric Raulet
Catégorie(s) : côté civil

DÉFIS ET PROJETS D'AVENIR POUR NOS RÉGIONS MÉDITERRANÉENNES mardi 02 avril 2019 Salle des Vertus à Puyloubier (13) Face au dérèglement climatique et à la triple crise sociale, environnementale et économique que traverse notre monde, quels scénarios pour l'avenir sont envisageables et lequel est souhaitable.

  • Universités Defismed

Jean-Eric Aubert, économiste, vice-président de DEFISMED, président de la Société française de Prospectives, Anne Hesseldocteur en médecine et en chimie, co-fondatrice du Pacte Finance ClimatFabrice Papillon, journaliste et écrivain, producteur TV, Jean-Louis RastoinProfesseur émérite à Montpellier SupAgro Fondateur de la Chaire Unesco et du réseau Unitwin en Alimentations du monde.

Débat animé par Eric Raulet, Inexens

« Qu’allons nous devenir ? » Par cette question très générale, propice à des analyses tout azimut sur les signes perturbants de la vie de consommation actuelle. Alternant entre optimisme, et pessimisme, l’objectif premier des intervenants était de présenter des pistes valables d’alternatives et de donner des outils de réflexions personnelles vers un engagement pour un changement radical. De l’optimisme est de mise, au vu des démarches et de signes de bonne volonté d’un nombre toujours croissant de citoyens du monde, visible par exemple lors de l’engouement inégalé au documentaire « Demain », de Cyril Dion, menant à de nombreuses commandes de productions semblables par de nombreuses chaînes télévisées. En opposition, le panel a pu donner l’ampleur des résistances structurelles d’état, obligés de constater une progression annuellement de leur taux d’émissions titanesques de CO2 de 3.2-3.8 % alors qu’ils s’étaient engagés à une diminution « réaliste et réalisable » de 3 %.

Le public n’a pas été assommé de chiffres, dégainés à tout vas. Au contraire, les contradictions énergétiques entre notre volonté d’excellence et notre besoin de moins polluer ont pu être démontrés par des cas très concrets, tel que l’exemple du « chauffage des espaces extérieurs des hôpitaux ». L’hôpital est un lieu symbolique d’inconfort et de souffrance, où corollairement l’on doit surchauffer les salles afin que la température reste agréable, et ce, malgré les besoins constants d’ouverture du bâtiment. Objectivement la déperdition d’énergie est injustifiable. Subjectivement, c’est l’opposé. Indiscutablement, au vu de notre habitude à des standards de vie élevés et de ces situations chargées émotionnellement, ces cas de ruptures de notre état de santé et de nos incertitudes que symbolise ces endroits là, la continuité du chauffage doit être intraitable.

En effet, cette table ronde a pu nous mener à une préparation personnelle et collective à des altérations radicales du système en place, dans les domaine de compétence des intervenants : la macro-économie et le climat, notre représentation des besoins, la globalisation du marché agricole et de nos envies alimentaires.

Anne Hessel : « Deux crises, climatique et financière, catastrophiques et imminentes. De l’argent donné aux banques pour donner de la vigueur aux entreprises européennes, 89 % a été détourné vers de la spéculation. Nous avons besoin de fonds importants pour agir directement sur le climat. La biodiversité est directement relié à vos projets, c’est surprenant de voir la vitesse où la biodiversité revient dans et autour d’un champ sans intrants ! On a besoin d’un optimisme à tout épreuve»»

Fabrice Papillon : Dans mon monde de journaliste et de producteur, j’ai à pondérer objectivement les éléments en place. Le discours purement négatif, apocalyptique, existent, aux USA ; ce sont 6000 personnes qui on construit un abris et des provisions en quantité,… 6000, ce n’est plus un simple accès de folie. Moi, cette vision extrême, je peux me permettre de l’intégrer dans mon œuvre d’auteur. Là, je me lâche. 

Jean-Louis Rastoin : Pour l’instant nous n’avons pas un souci de production agricole, lorsque 3 milliards de personnes souffrent de malnutrition, soit 40 % de la population mondiale, on doit discerner la grande part souffrant d’un excès. Manger doit être se nourrir, se réjouir et se retrouver, grâce à des qualités nutritionnelles, des triangulation biologiques entre végétal, animal et forestier et des diètes traditionnels positifs tel la diète méditerranéenne, chinoise ou japonaise, à l’exact opposé de l’excès ou du junk food. L’étique est nécessaire pour donner un sens à la fabrication de l’alimentation, avec une éducation du consommateur, prenant de la distance avec une seule valeur marchande.

Voir articles de JL Rastoin

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LES SYSTÈMES ALIMENTAIRES TERRITORIALISÉS ET LEUR COMPOSANTE ÉCO-TOURISME : UNE CONTRIBUTION AU DÉVELOPPEMENT DURABLE DES ESPACES RURAUX

[Victor Hugo] : « Il n’y a pas d’idée plus puissante que celles dont le temps est venu ».

Jean-Eric Aubert : Nous pouvons estimer que le changement soit impossible, du fait d’inerties considérables et complexes, comme la surconsommation, la surproduction et le sur financement, et qu’on ne peut plus arrêter le train. C’est au contraire, par une action locale qu’on atteindra une capacité de développer les résiliences adéquates.

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